Connu en partie pour ses portraits monumentaux de figures  emblématiques, mais aussi  personnelles ou anonymes,  et exposé dans le monde entier, l’artiste Yan Pei-Ming fait halte quelques semaines à Ornans où il est en résidence dans l’atelier de Gustave Courbet, récemment acheté et restauré par le département du Doubs.

Il y prépare l’exposition  qui lui sera consacré au musée Courbet d’Ornans : « Yan Pei-Ming  face à Courbet » (12 juin 2019- 30 septembre 2019) et qui sera le point d’orgue des manifestations célébrant le bicentenaire de la naissance de Courbet.

Les professeurs d’arts plastiques du bassin de Pontarlier, accompagnés d’Olivier Deshayes IA-IPR d’arts plastiques ont eu la chance de pouvoir le rencontrer à l’atelier d’Ornans dans l’après-midi du mercredi 3 avril 2019.

La rencontre est en premier lieu  saisissement :  en pénétrant dans  l’atelier de Courbet conservé d’abord religieusement par sa sœur Juliette qui voulait en faire un musée, et aujourd’hui  investi par Yan Pei-Ming fervent admirateur de son illustre prédécesseur, le regard, d’abord aspiré  par les volumes du lieu, s’habitue au fur et à mesure à la pénombre et découvre  progressivement  les toiles en cours d’exécution qui semblent couvrir entièrement  les murs.

Sur les quatre toiles monumentales réalisées expressément pour l’exposition à venir, l’une est terminée, deux autres encore inachevées, et la quatrième, toile vierge sur un immense châssis, reste à apparaître.

L’atelier offre alors aux professeurs présents une opportunité rare  de pouvoir s’immerger dans le processus de création.

Dialoguant avec simplicité et naturel avec les professeurs, Yan Pei-Ming explique ne pas vouloir proposer une relecture de l’œuvre de Courbet, démarche qu’il  a pu avoir dans des expositions précédentes autour du travail d’autres figures majeures de l’art occidental, mais plutôt rendre compte d’une résonnance artistique à la fois intellectuelle et intime. 

Comme l’a exprimé Yan Pei-Ming à l’occasion de cet échange : « Courbet raconte son histoire, je raconte la mienne ». Une histoire hantée par le temps qui passe, angoisse existentielle contre laquelle l’art tente de lutter.

Un grand merci à Yan Pei-Ming pour son accueil, et aussi à toute son équipe et à celle du musée Courbet d’Ornans qui ont rendu possible cette expérience.