“La compagnie Baninga a été créée il y a dix ans à Brazzaville par DeLaVallet Bidiefono, un jeune chorégraphe ayant réussi l’exploit d’apprendre son métier en autodidacte. Et comme ce chorégraphe n’en est pas à un exploit près, il a aussi érigé, dans la capitale d’un Congo marqué par la dictature et dévasté depuis par des troubles récurrents, un véritable centre chorégraphique – lentement mais sûrement, avec l’aide de ses danseurs transformés, le temps des travaux, en maçons, en peintres, en menuisiers ou en électriciens…

La construction d’un lieu, l’élaboration d’un projet et, au-delà, la naissance d’un espoir : c’est justement ce que raconte Monstres / On ne danse pas pour rien. S’il est vrai qu’une création a toujours quelque chose de monstrueux, il est tout aussi vrai qu’au Congo, on ne danse jamais pour rien, dans la mesure où chaque geste artistique y est une opposition poétique au régime en place, qui ne cesse de se désengager de la totalité des champs de la politique…

Dans un décor d’échafaudages sur lesquels sont perchés quatre musiciens poly-instrumentistes, vous verrez donc dix interprètes enchaîner à un rythme endiablé des danses collectives, piétiner le sol et boxer l’air, sauter et virevolter avec obstination, comme si ces mouvements puissants, organiques, proches de la transe, étaient la seule manière de s’inventer un avenir, pendant qu’une performeuse vous parlera de la vie, de la mort et de la condition des Noirs avec une effronterie assumée et un bagout ahurissant. Il faut se méfier des proverbes qu’on utilise souvent par paresse intellectuelle : mais celui qui affirme que l’union fait la force, pour parler de ce spectacle-là, on aurait vraiment tort de s’en priver…” (Source : Site internet des Scènes du Jura)

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