Même les ananas voyagent en avion

Vendredi 23 novembre 2018 à 20h30

 Conte délabré avec des personnages du quotidien, naïfs, drôles et touchants

Théâtre

« Même les ananas voyagent en avion, c’est un conte délabré avec des personnages du quotidien, naïfs, drôles et touchants. Ils sont là où on les a posés. Au milieu des incohérences sociétales et du cynisme du monde moderne qui les entourent. Ils évoluent comme des soldats perdus, ils résistent, ils avancent.
Le propos de ce texte dans un premier temps est de dépeindre des situations absurdes de notre vie de tous les jours, absurdités sociales, politiques ou économiques qui peuvent nous mettre en colère tant elles nous paraissent iniques mais dès qu’elles sont transposées sur la scène, elles deviennent drôles parce que l’on voit que nous sommes devenus fous. Si la situation semble insensée, les protagonistes n’y sont pour rien.
L’essentiel est ailleurs. On ne rêve plus de super-héros, les super-héros sont fatigués, déchirés. Chacun devient le héros de l’autre par amour peut-être.
Un artiste pose des questions, il n’y répond pas. Il fait dialoguer ceux qui ont tout un tas de réponses plus ou moins bonnes, personne n’a la réponse… Moi même, je ne comprends toujours pas comment une machine de 192 tonnes peut voler alors que Mike Brant qui devait peser à peine 54 kilos, en se lançant de son balcon a tenu tout juste 3 secondes.
Même les ananas voyagent en avion, c’est un texte nourri d’humour social. Wajdi
Mouawad l’explique assez bien : “L’artiste tel un scarabée se nourrit de la merde du monde pour lequel il oeuvre et il parvient parfois à faire jaillir la beauté” ».
Gwenaël FOURNIER